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Maurice Le Floch
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LE FLOCH avec la mascotte Diane en 1943 (négatif à la maison)

Maurice Le Floch avec Diane, la levrette mascotte de l'unité

Informations générales
Nom complet Maurice Le Floch
Naissance 30/09/1918
Engagement FNFL 01/07/1940
Matricule 418C38 puis 1419FN40
Stage Commando
Badge 40, 302
Première présence attestée au commando 14/10/1942
Section
Raid Hardtack 7
Affectation 6 juin Troop 8
Décès
Lieu de sépulture Ouistreham
Itinéraire
Affectations Chevreuil, Cdt Duboc, Léopard, Savorgnan de Brazza, 1er BFMC


Né le 30 septembre 1918 au Havre (Seine-Maritime), Maurice Le Floch était un matelot fusilier membre du 1er BFMC.

Itinéraire Modifier

(À compléter)

Kieffer, dans son livre Béret vert raconte ainsi l'arrivée de Le Floch au commando:

Le floch

"Un soir, rentrant au bureau d'une journée d'exercice, le commando de garde au P.C. me fit savoir qu'il y avait un matelot français venu de Londres qui attendait mon retour et désirait me voir. Je le fis monter à mon bureau :

- Le Floch commandant...

Je levai les yeux ; le matelot sans spécialité Le Floch me tendit un ordre de route souillé de graisse et chiffonné émanant du dépôt de Londres. L'ordre en question enjoignait au matelot Le ... puni et volontaire pour les Commandos, de se présenter au Commandant de la compagnie des Fusiliers Marins Commandos à Cricceth comme postulant.

J'avais à peine jeté un regard sur le candidat Commando que je restai stupéfait. Le garçon qui était devant moi tenait à la main quelque chose qui avait dû être un bonnet, il portait des pantalons sales, les pattes énormes et effilochées retombaient, fatiguées, sur la pointe de godillots qui semblaient n'avoir jamais connu le cirage.

Je l'observai un bon moment : il était mince jusqu'à être fluet, sa figure aux traits réguliers était éclairée de larges yeux bleus sympathiques malgré tout et une longue mèche dorée pendait sur le visage. Quel âge avait-il ? On pouvait lui donner dix-huit ans tout aussi bien que trente. Il avait l'allure d'un jeune dur.

- Que viens-tu faire ici dans cette tenue ?

Il répéta simplement :

- Volontaire pour les Commandos, commandant.

- Je regrette de ne pouvoir employer ta bonne volonté : tes punitions antérieures dans la marine n'ont rien à faire avec mon refus, j'ai déjà accepté bon nombre de punis dont j'ai été fort content. Cependant, ton physique, avant même un examen médical approfondi, me paraît déficient pour le genre de travail que nous faisons. Je te considère inapte à faire un commando. Je vais te donner un ordre de voyage pour retourner au dépôt à Londres.

Un coup de massue à Le Floch n'aurait pas produit un effet plus brutal que ma dernière phrase.

- Commandant, ne me refusez pas cette dernière chance ! supplia-t-il.

Je vis des larmes embrumer l'iris de ses yeux bleus qui prirent la teinte de son ciel breton. Je sentis en Le Floch le drame intérieur qui amène l'homme au bord du précipice. Il avait déjà, en lui-même, joué son destin sur les Commandos. Ma réaction, devant son effondrement, fut immédiate, ma décision soudaine : je le prendrais à l'essai, il avait gagné.

- Je te prends à l'essai. Tu vas passer au magasin et échanger tes loques contre un khaki propre ; tu coucheras au P.C. ce soir avec la garde, et, demain, je te choisirai moi-même un logement provisoire chez l'habitant jusqu'à la fin de ta période d'essai. Présente-toi demain pour les ordres. Le Floch, les yeux brillants de reconnaissance, se figea dans un garde à vous comme il n'en avait vraisemblablement jamais exécuté durant toute sa vie militaire antécédente. Il dit ces simples mots :

- Merci, commandant.

Je lui sus gré de suite de m'avoir épargné un petit discours plein de promesses, se réservant plus tard pour des actes.

Je rejoignis de suite mon officier en second, le capitaine Trépel, au bar du Lion. Devant notre " stout ", journalier, je lui fis part de la visite de Le ... et je lui demandai de détacher dès demain un instructeur sévère pour " faire les pieds ", à Le Floch. Restait la question du logement de Le Floch chez l'habitant. De ce côté, aucune erreur psychologique n'était permise, autrement c'était la catastrophe. Après avoir discuté la question sous divers angles avec le capitaine Trépel, je pris la décision de loger notre jeune dur dans une famille d'excellents bourgeois, honorés dans le pays, ayant maison cossue et de nature paisible et cultivée. Je le mettais ainsi brutalement devant une certaine responsabilité morale.

Le lendemain, Le Floch était pris en main par un instructeur qui devait avant tout se rendre compte de son endurance physique et lui inculquer, durant les courts moments' de repos, la tradition des commandos et leur discipline.

Je ne voulais plus entendre parler de lui ni le voir pendant dix jours. À la fin de cette période, un rapport serait remis par son instructeur et le sort de Le Floch serait décidé.

Dans les jours qui suivirent, je croisai une seule fois Le Floch rentrant de la marche, épreuve de trente-deux kilomètres ; il suivait sur les talons de l'instructeur, la langue pendante et le sang perçant à travers ses brodequins poussiéreux. Je fis semblant de ne pas le voir.

Au bout du terme, le rapport de l'instructeur fut : bon et même : " possibilités excellentes ". Le Floch partit à l'École de Commandos où il fit honneur au bon renom des Français ; il rejoignait quelque temps après l'unité et rentrait dans le cadre d'une des sous-sections de la Compagnie.

Il regagna, à sa demande et je dois ajouter à la demande également de ses logeurs, son ancien gîte"


Kieffer racontera également cette anecdote amusante à son sujet:

J'avais suggéré auparavant à Mme Sablon d'éviter toute conversation sentimentale qui n'était pas le fort des Commandos.

Je la vis s'avancer vers un groupe où se trouvait Le Floch astiqué, rose et blond, faisant vraiment, ce jour-là, figure d'adolescent. Pris d'une appréhension soudaine, je la suivis.

- Quel est votre nom ? demanda-t-elle en s'adressant à Le Floch.

- Le Floch

- De quelle partie de la Bretagne venez-vous ?

- Du Havre, madame.

- Avez-vous réussi à avoir des nouvelles de votre famille depuis que vous êtes en Angleterre ?

Le Floch qui avait, comme beaucoup d'autres, passé un trait de plume sur la question figurant sur l'imprimé de son engagement : " Adresse de la personne à aviser en cas d'accident ", se contenta d'un petit sourire évasif.

Changeant de sujet rapidement, Mme Sablon émit alors quelques paroles élogieuses sur l'entraînement et le rôle des Commandos. Puis avant de s'éloigner, sans doute frappée par son visage si jeune, elle demanda à Le Floch :

- Que faisiez-vous avant la guerre ?

Le Floch avec un clignement d’œil malicieux, annonça, à la grande joie de ses camarades :

- Madame, avant la guerre, je vendais des cacahuètes à la porte d'une maison mal famée, au Havre.

Mme Sablon se mettant à la hauteur de cette réponse embarrassante, fit comprendre à Le Floch qu'après tout il n'existait pas de sot métier pour gagner honnêtement sa vie.

Elle ajouta :

- Alors, après la Libération et la Victoire, que comptez-vous faire ?

- J'espère que, si je suis toujours vivant, je serai alors patron de la maison.

La Libération dans la victoire est arrivée ; Le Floch deux fois blessé et cité, navigue à la Marchande sur les sept mers.

Notes et références Modifier

  • KIEFFER Philippe, Béret Vert, Paris, Editions France-Empire, 1962.


Liens externes Modifier

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